Cinéma

Annecy 2026 – WIP "Ogresse" : La clé des chants

Date de publication : 24/06/2026 - 08:40

La production signée Miyu (France), Embuscade Films (Canada), Hélium Films (Suisse) et Umedia (Belgique) a dévoilé ses premières images lors d’une session copieusement applaudie par le public de la salle Lamy.

Pour la deuxième fois cette semaine à Annecy, un projet né de la rencontre entre deux femmes a éclairé une session de WIP. Ogresse est coréalisé par Lia Bertels et Cécile McLorin Salvant. La première est réalisatrice et animatrice, et vit à Bruxelles. La seconde est chanteuse de jazz, brodeuse et illustratrice, et vit à New York. C’est cette dernière qui est à l’initiative du projet en 2017. Dans les grandes lignes, Ogresse est une comédie musicale sur une femme qui vit seule dans les bois jusqu’à ce qu’un jeune homme, déterminé à la tuer, après qu’elle ait dévoré nombre de ses semblables, tombe amoureux d’elle. "J’ai composé les personnages pendant huit mois, a expliqué Cécile McLorin Salvant qui était en visio depuis New York. Je me suis inspirée des histoires à faire peur que me racontait ma sœur ainée quand nous nous endormions, ainsi que du jazz et des cantates baroques que j’ai chantées au conservatoire d’Aix-en-Provence et des peintures de Gérard Fortuné [peintre haïtien, NDR]." La rencontre avec Lia Bertels, qui a réalisé le court métrage Nuit chérie montré à Annecy en 2019, s’est faite via une connaissance commune. "J’ai croisé Cécile à travers une illustratrice du New Yorker. Nous avons commencé à nous envoyer des dessins. Je me suis très vite projetée dans Ogresse."
 
Pour le film, elles se sont inspirées de plusieurs univers. "La nature, a expliqué Lia Bertels, ainsi que les peintures de Kerry James Marshall." "Quant à moi, a poursuivi Cécile McLorin Salvant, l’art haïtien m’a inspirée, étant franco-américano-haïtienne, ainsi que les peintures de Bruegel." Au départ, Cécile McLorin Salvant porte le projet toute seule. "Mon premier contact a été un producteur américain. Avec lui, nous l’avons pitché partout, et la pandémie de Covid-19 est arrivée. Via Zoom, nous avons été en contact avec Neon, Whoopi Goldberg, Amazon, etc.. Mais finalement, ce sont des fondations privées américaines qui nous ont permis de démarrer. Et puis Lia m’a parlé de Miyu. J’ai regardé toutes leurs productions et j’ai adoré." Cette rencontre avec Miyu a été officialisée en 2022. Mais "en 2019, a expliqué Tanguy Olivier, directeur de production chez Miyu, Emmanuel-Alain Raynal [pdg de Miyu, NDR] et Lia s’étaient rencontrés à la fête belge à Annecy où elle lui avait déjà parlé du projet. Nous avons ensuite présenté Ogresse en pitch à Annecy en 2023, puis à Cartoon Movie en 2024."
 
"Le film est en animation 2D, a détaillé Lia Bertels. Les personnages sont assez simples à animer. Les couleurs sont importantes, le film traverse les saisons. Il y a une véritable narration au niveau des couleurs. Et il y a une petite partie en stop motion." De son côté, Julien De Man, directeur artistique chez Miyu, a expliqué être arrivé sur le film "comme souvent, quand beaucoup de choses ont été faites. Mon travail a consisté à trouver un langage et une cohérence visuelles, à créer une véritable expérience sensorielle visuellement, comme le film sera traversé d’une expérience musicale." Ce projet, que Tanguy Olivier qualifie de "hors-norme et qui devrait contribuer à bousculer les frontières de l’animation", sera distribué en France par KMBO. Les ventes internationales sont confiées à Kinology. Les autres partenaires incluent, entre autres, le CNC, la Département de la Charente, les régions Nouvelle Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes.

Vincent Le Leurch
© crédit photo : DR

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