
Annecy 2026 - Arthur Delabays, Bobbypills : "Nous restons convaincus qu'un film différenciant peut créer l’événement"
Date de publication : 24/06/2026 - 08:33
Alors que Jim Queen est en salle et que deux séances événements sont prévues à Annecy, le producteur et directeur du développement de la société de production Bobbypills revient avec nous sur les premiers effets du film de Marco Nguyen et Nicolas Athané.
Comment se passent les premiers retours après la sortie de Jim Queen ?
On constate un super enthousiasme et un excellent bouche-à-oreille. Les retours s'élargissent au-delà de nos cercles proches. En France, la critique presse est quasi unanime. Nous suivons aussi de près les notes du public sur des plateformes comme Letterboxd, SensCritique ou AlloCiné. C'est crucial pour nous, car nous avons conçu Jim Queen comme une comédie populaire avant d'être un film d'animation ou un film queer. L'accueil du public nous fait très plaisir. Pour les chiffres, nous découvrons ce milieu puisqu'il s'agit de notre premier long-métrage. Nous suivons de près la stratégie de notre distributeur, Jokers Films, qui fait un travail remarquable. Comme il n'y avait pas de comparatif direct, il fallait tout construire. C'est un distributeur habitué au genre, capable de réaliser des coups, comme ils l'avaient fait pour Zion. C'était un film à petit budget, très identifié comme communautaire ou de niche, un peu comme le nôtre, et ils ont réussi à toucher un large public. Leur stratégie actuelle consiste à commencer petit, puis à travailler avec les salles qui demandent le film et savent comment sortir de l'animation pour adultes. Nous sommes sur un nombre de copies assez restreint, mais nous cherchons à obtenir une moyenne par copie très élevée sur toute la France. Je crois que nous venons de dépasser la moyenne de Backrooms avant la fin de la première semaine. C'est un indicateur fort qu'il se passe quelque chose dans les salles. Les gens interagissent avec le film, l'ambiance est folle et les salles se remplissent. L'objectif est de monter en puissance tout au long de l'été.
Le public se met-il à chanter pendant les séances ?
Oui, je l'ai constaté à Cannes, mais aussi lors de notre tournée d'avant-premières. Nous avons fait 50 dates en deux ou trois semaines, ce qui était très intense pour l'équipe. Il y avait beaucoup d'amour et d'engouement. Les gens chantent, applaudissent les vannes et réagissent fortement au climax émotionnel du film. Nous voulions un film interactif, et le public s'en empare. Une anecdote à ce sujet : nous avons dû refaire le DCP après Cannes. Nous étions frustrés que le public manque certaines vannes à cause des rires et des applaudissements dans la salle. Nos réalisateurs étaient paniqués à l'idée que des répliques soient perdues. Dès la fin du festival, nous avons refait le mixage dans l'urgence pour garantir que les scènes comiques et les informations restent audibles. C'est le genre de problème qu’il est heureux d’avoir à gérer.
Que représente ce premier long-métrage pour l'avenir de Bobbypills ?
Bobbypills est très connu pour ses formats courts et ses séries, comme Vermin, Les Kassos ou Peepoodo. Personnellement, je ne viens pas du milieu de l'animation ni de la série, mais j'avais envie de produire des films de cinéma depuis longtemps. Je suis ravi que nous ayons réussi, avec David Alric, à produire ce premier long-métrage. Si la tendance se maintient, ce sera un succès public et critique. Le succès financier dépendra de l'été, mais cela nous encourage à continuer. Nous avons déjà deux autres projets en développement. Nous ne nous refusons rien. Si l'engouement pour Jim Queen se confirme, l'univers est assez riche et les personnages assez forts pour envisager une suite. Pour Bobbypills, cela signifie que nous allons continuer à porter des œuvres différentes, résolument adultes, en animation, qui ne vont pas vers la facilité mais vers des projets d'auteurs et d'autrices qui ont un point de vue original sur notre monde. Ce n'est pas le chemin le plus simple, et Jim Queen a été un vrai parcours du combattant. Constater aujourd'hui que nos choix étaient les bons nous conforte dans l'idée de ne pas baisser la garde. Le marché du cinéma est particulier depuis quelques années, mais nous restons convaincus qu'un film différenciant peut créer l'événement.
Devenez-vous un symbole d'une animation plus risquée et adulte ?
C'est gratifiant d'avoir cette image. Cela permet d'attirer des artistes et des auteurs qui viennent chez nous car ils savent que nous pouvons porter des projets infaisables ailleurs. C'est un aspect très positif. Depuis mon arrivée au développement du studio, nous essayons de combattre l'étiquette que certains financiers ou diffuseurs nous collent : celle d'un studio un peu punk ou trash. Notre but est avant tout de porter des projets d'auteurs. Jim Queen traite d'un sujet de niche pour une communauté précise, mais s'il fonctionne, c'est parce que ses auteurs parlent de leur vie de manière sincère. Cette sincérité permet au message et aux personnages d'atteindre une résonance universelle. Nous voulons appliquer cela à n'importe quel univers. Nous serons fiers de porter d'autres projets queer, car ce genre possède une force qui s'associe très bien avec l'animation. Nous n'avons pas produit le film dans une optique précise, cependant il contient un propos clair et affirmé qui satire la communauté et l'hétéronormativité, mais nous ne nous sommes jamais dit que nous faisions un film politique. C'est au cours de la production, et face à l'évolution de la société, que nous avons réalisé que le film portait une dimension militante. Nous sommes fiers de la défendre, même si ce n'était pas la volonté première. En tant que producteurs, nous sommes heureux de donner la parole à des auteurs qui ont un point de vue fort.
Quelle est la suite de l'actualité pour Bobbypills ?
Actuellement, l'accent est mis sur Jim Queen, mais aussi sur notre série Les Groos, diffusée sur Arte et en compétition au festival d'Annecy. Nous ne délaissons pas le format court, qui est au cœur de l'identité de Bobbypills, mêlant comédie et formats incisifs. Ce projet est porté par David Mirailles et produit par Gabrielle D’Andrimont. Les chiffres sur Arte sont excellents. Nous apprécierons de travailler avec ce diffuseur qui prend des risques et donne sa chance à de jeunes auteurs. En parallèle, nous poursuivons notre activité de prestation pour d'autres studios et plateformes, ce qui nous a permis de maintenir le cap ces dernières années. Je ne peux pas encore donner de détails sur ces productions, mais elles sortiront entre fin 2026 et début 2027. Ces projets constituent une excellente carte de visite technique, car nous y innovons graphiquement. Enfin, nous développons notre première production originale avec Crunchyroll. C'est une série dans un style animé à la française. Nous sommes ravis de voir Bobbypills progresser sur ses deux piliers : la comédie d'un côté, et l'animation d'inspiration japonaise de l'autre. Nous avons les artistes pour cela au studio, et ce projet démontre notre capacité à faire de l'anime avec une "French touch".
On constate un super enthousiasme et un excellent bouche-à-oreille. Les retours s'élargissent au-delà de nos cercles proches. En France, la critique presse est quasi unanime. Nous suivons aussi de près les notes du public sur des plateformes comme Letterboxd, SensCritique ou AlloCiné. C'est crucial pour nous, car nous avons conçu Jim Queen comme une comédie populaire avant d'être un film d'animation ou un film queer. L'accueil du public nous fait très plaisir. Pour les chiffres, nous découvrons ce milieu puisqu'il s'agit de notre premier long-métrage. Nous suivons de près la stratégie de notre distributeur, Jokers Films, qui fait un travail remarquable. Comme il n'y avait pas de comparatif direct, il fallait tout construire. C'est un distributeur habitué au genre, capable de réaliser des coups, comme ils l'avaient fait pour Zion. C'était un film à petit budget, très identifié comme communautaire ou de niche, un peu comme le nôtre, et ils ont réussi à toucher un large public. Leur stratégie actuelle consiste à commencer petit, puis à travailler avec les salles qui demandent le film et savent comment sortir de l'animation pour adultes. Nous sommes sur un nombre de copies assez restreint, mais nous cherchons à obtenir une moyenne par copie très élevée sur toute la France. Je crois que nous venons de dépasser la moyenne de Backrooms avant la fin de la première semaine. C'est un indicateur fort qu'il se passe quelque chose dans les salles. Les gens interagissent avec le film, l'ambiance est folle et les salles se remplissent. L'objectif est de monter en puissance tout au long de l'été.
Le public se met-il à chanter pendant les séances ?
Oui, je l'ai constaté à Cannes, mais aussi lors de notre tournée d'avant-premières. Nous avons fait 50 dates en deux ou trois semaines, ce qui était très intense pour l'équipe. Il y avait beaucoup d'amour et d'engouement. Les gens chantent, applaudissent les vannes et réagissent fortement au climax émotionnel du film. Nous voulions un film interactif, et le public s'en empare. Une anecdote à ce sujet : nous avons dû refaire le DCP après Cannes. Nous étions frustrés que le public manque certaines vannes à cause des rires et des applaudissements dans la salle. Nos réalisateurs étaient paniqués à l'idée que des répliques soient perdues. Dès la fin du festival, nous avons refait le mixage dans l'urgence pour garantir que les scènes comiques et les informations restent audibles. C'est le genre de problème qu’il est heureux d’avoir à gérer.
Que représente ce premier long-métrage pour l'avenir de Bobbypills ?
Bobbypills est très connu pour ses formats courts et ses séries, comme Vermin, Les Kassos ou Peepoodo. Personnellement, je ne viens pas du milieu de l'animation ni de la série, mais j'avais envie de produire des films de cinéma depuis longtemps. Je suis ravi que nous ayons réussi, avec David Alric, à produire ce premier long-métrage. Si la tendance se maintient, ce sera un succès public et critique. Le succès financier dépendra de l'été, mais cela nous encourage à continuer. Nous avons déjà deux autres projets en développement. Nous ne nous refusons rien. Si l'engouement pour Jim Queen se confirme, l'univers est assez riche et les personnages assez forts pour envisager une suite. Pour Bobbypills, cela signifie que nous allons continuer à porter des œuvres différentes, résolument adultes, en animation, qui ne vont pas vers la facilité mais vers des projets d'auteurs et d'autrices qui ont un point de vue original sur notre monde. Ce n'est pas le chemin le plus simple, et Jim Queen a été un vrai parcours du combattant. Constater aujourd'hui que nos choix étaient les bons nous conforte dans l'idée de ne pas baisser la garde. Le marché du cinéma est particulier depuis quelques années, mais nous restons convaincus qu'un film différenciant peut créer l'événement.
Devenez-vous un symbole d'une animation plus risquée et adulte ?
C'est gratifiant d'avoir cette image. Cela permet d'attirer des artistes et des auteurs qui viennent chez nous car ils savent que nous pouvons porter des projets infaisables ailleurs. C'est un aspect très positif. Depuis mon arrivée au développement du studio, nous essayons de combattre l'étiquette que certains financiers ou diffuseurs nous collent : celle d'un studio un peu punk ou trash. Notre but est avant tout de porter des projets d'auteurs. Jim Queen traite d'un sujet de niche pour une communauté précise, mais s'il fonctionne, c'est parce que ses auteurs parlent de leur vie de manière sincère. Cette sincérité permet au message et aux personnages d'atteindre une résonance universelle. Nous voulons appliquer cela à n'importe quel univers. Nous serons fiers de porter d'autres projets queer, car ce genre possède une force qui s'associe très bien avec l'animation. Nous n'avons pas produit le film dans une optique précise, cependant il contient un propos clair et affirmé qui satire la communauté et l'hétéronormativité, mais nous ne nous sommes jamais dit que nous faisions un film politique. C'est au cours de la production, et face à l'évolution de la société, que nous avons réalisé que le film portait une dimension militante. Nous sommes fiers de la défendre, même si ce n'était pas la volonté première. En tant que producteurs, nous sommes heureux de donner la parole à des auteurs qui ont un point de vue fort.
Quelle est la suite de l'actualité pour Bobbypills ?
Actuellement, l'accent est mis sur Jim Queen, mais aussi sur notre série Les Groos, diffusée sur Arte et en compétition au festival d'Annecy. Nous ne délaissons pas le format court, qui est au cœur de l'identité de Bobbypills, mêlant comédie et formats incisifs. Ce projet est porté par David Mirailles et produit par Gabrielle D’Andrimont. Les chiffres sur Arte sont excellents. Nous apprécierons de travailler avec ce diffuseur qui prend des risques et donne sa chance à de jeunes auteurs. En parallèle, nous poursuivons notre activité de prestation pour d'autres studios et plateformes, ce qui nous a permis de maintenir le cap ces dernières années. Je ne peux pas encore donner de détails sur ces productions, mais elles sortiront entre fin 2026 et début 2027. Ces projets constituent une excellente carte de visite technique, car nous y innovons graphiquement. Enfin, nous développons notre première production originale avec Crunchyroll. C'est une série dans un style animé à la française. Nous sommes ravis de voir Bobbypills progresser sur ses deux piliers : la comédie d'un côté, et l'animation d'inspiration japonaise de l'autre. Nous avons les artistes pour cela au studio, et ce projet démontre notre capacité à faire de l'anime avec une "French touch".
Perrine Quennesson
© crédit photo : The Jokers
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