Cinéma

Annecy 2026 – Un bilan contrasté pour l'animation française en 2025

Date de publication : 25/06/2026 - 08:41

Les chiffres du CNC sur l'année 2025 confirment les difficultés éprouvées par la production audiovisuelle déléguée et exécutive tandis que le cinéma fait preuve d'une belle vitalité et diversité.

On le sait : la production audiovisuelle en animation est constituée de cycles. L'exercice 2025 se trouve dans la moyenne basse avec 282 heures d'animation aidées soit un repli annuel de 10% et de 8,4% par rapport à la moyenne décennale. De façon corollaire, les devis sont également en baisse à 252,6 M€ (-12,8% vs 2024). Si le coût horaire moyen avec 896 600 € est en recul de 3,2%, il signe tout de même le deuxième plus haut niveau historique.

Particularité de l'exercice 2025 : si la part des apports étrangers reste conséquente (19,5%), elle atteint tout de même son plus bas niveau historique. Ce repli est compensé par les apports des diffuseurs français (part de 24,8%), avec notamment une contribution horaire qui atteint un niveau record, et les aides du CNC (19% des financements).

Pourtant, l'investissement de la quasi totalité des diffuseurs est en baisse en 2025. Seul France Télévisions a revu ses apports à la hausse avec 36,9 M€ investis en 2025 (+46,5% sur un an) pour 167 heures (127 heures en 2024). France Télévisions confirme son statut de partenaire déterminant de l'animation audiovisuelle constituant près de 60% des apports de diffuseurs.

L'investissement des SMAD reste marginal en 2025 (5 heures financées). La modification du décret SMA avec l'introduction d'un sous quota de production inédite devrait améliorer la situation dans les prochaines années.

Les apports étrangers s'élèvent à 49 M€ soit une baisse annuelle de 34%. "Depuis la fin de la crise sanitaire, les financements étrangers sont très fluctuants. Cette baisse reflète le contexte international dégradé et la contraction des commandes", analyse Cécile Lacoue, directrice des études des statistiques et de la prospective.

Ce contexte impacte également l'autre pilier de la production audiovisuelle : la prestation. L'an dernier déjà, après une phase de croissance, le CNC observait un retournement du marché. 2025 poursuit sur cette spirale négative avec 137 M€ d'investissements soit un recul conséquent de 23,5%. On retrouve ici des tendances proches de 2019. 61,5% des projets proviennent des Etats-Unis.

Le cinéma d'animation en grande forme

La situation est tout autre pour la production cinématographique. Le CNC recense 16 films d'initiative française agréés en 2025, un niveau record. On retrouve une grande diversité de la production notamment en matière de budget, avec des œuvres allant de 800 000 € pour Le vertige de Quentin Dupieux à plus de 20 M€ pour Wings of Freedom. Les films proposent également des esthétiques différentes et visent différents types de public.

La coproduction est toujours aussi décisive puisque sur les 16 films, 10 sont des coproductions majoritaires. Les apports étrangers représentent 18,5% des financements d'un film d'animation, soit une part deux fois plus grande qu'un long tous genres confondus.

Autre constante : la prise de risque assumée par les producteurs. Près de 20% des coûts sont assumés par les producteurs français, contre 14% sur l'ensemble des films français.

Les diffuseurs pèsent à peine 12% des financements contre 22% sur l'ensemble de la production française. Deux partenaires demeurent réguliers et très importants pour le cinéma d'animation : Canal+, premier financeur du cinéma d'animation, et France Télévisions.

Depuis 2023, les SMAD ont financé cinq films d'animation : trois par Netflix (Marcel et Monsieur Pagnol, Arco et Lovebirds), un par Prime Video (In Waves) et un par Disney+ (Kittened). Leur apport reste donc encore limité.

Une année 2025 en demi-teinte pour la salle

L'offre a encore été très dense en 2025 avec 54 films d'animation inédits qui ont irrigué les salles dont 16 titres français, un record, et 8 américains (-2 vs 2024). Ces films ont généré 19,5 millions d'entrées contre 30,2 millions en 2024, où l'animation avait renoué avec ses niveaux d'avant-crise. Il s'agit ici d'une chute annuelle de 36%.

Cette contre-performance est très liée aux films américains qui enregistrent 12 millions d'entrées en 2025, soit deux fois moins qu'en 2024, et ce malgré Zootopie 2, plus gros succès du box-office (6,6 millions).

Les films français se portent plutôt bien avec une fréquentation de 2,9 millions de spectateurs contre 2,4 millions l'année précédente. La part de marché s'établit à 14,8% contre 8,1% en 2024. Une part dans la moyenne décennale (13,8%). Hopper et Arco sont les plus gros succès avec 820 000 et 450 000 entrées respectivement.

2026 devrait être un bon cru avec le très beau succès de Super Mario Galaxy (5,5 millions d'entrées), le démarrage de Toy Story 5¸ et les sorties des Minions et des monstres et Astérix et le Royaume de Nubie.

L'animation française à l'honneur sur le linéaire

Le volume d'oeuvres d'animation programmées à la télévision reste élevé à hauteur de 15 254 heures en 2025 (15 194 en 2024). On observe davantage de nouvelles séries françaises avec 16 productions inédites.

Gulli demeure la 1 ère chaîne sur l’animation avec 66,2 % de la consommation d’animation des 4 -14 ans et 55,6 % de l’offre. France 4 se positionne au second rang. Près de la moitié des programmes regardés en 2025 par les 4-14 ans sont des productions françaises.

Sans surprise, le CNC observe un déplacement de la consommation du linéaire sur la BVOD. En moyenne chaque mois, 31,6 % des enfants de 3 -14 ans, regardent des dessins animés sur ces services. Selon France Télévisions, avec 44 M de vidéos vues en moyenne par mois en 2025 sur le numérique, Okoo revendique être l’offre de référence pour les enfants

Emploi : vers une stabilisation ?

Les chiffres d'Audiens sur 2024 confirment une forte baisse de l'emploi dans le secteur avec 9 149 salariés recensés (-8,1% vs 2023). La masse salariale plonge également à 230,1 M€ (-10,2%). En prenant en compte un périmètre plus large, l'outil DataLab laisse entrevoir une stabilisation de l'emploi depuis le début de 2025.

Florian Krieg
© crédit photo : Remembers


L’accès à cet article est réservé aux abonnés.

Vous avez déjà un compte


Accès 24 heures

Pour lire cet article et accéder à tous les contenus du site durant 24 heures
cliquez ici


Recevez nos alertes email gratuites

s'inscrire