Cinéma

Annecy 2026 - De timides progrès pour la parité, des inégalités toujours bien ancrées

Date de publication : 27/06/2026 - 09:33

Une étude du Collectif 50/50 et des Femmes s'animent met en lumière une lente progression de la place des femmes dans le cinéma d'animation français. Si plusieurs indicateurs évoluent favorablement, les inégalités demeurent importantes, notamment dans l'accès à la réalisation de longs métrages, à la pérennité des carrières et aux budgets les plus élevés.

Premier constat : la féminisation de l'emploi se poursuit, mais à un rythme modéré. En 2024, les femmes employées en CDI ou CDD représentent 44 % des cadres en équivalent temps plein, contre 41 % en 2018. Leur présence progresse également chez les intermittents.

C'est à la réalisation des longs métrages que les écarts apparaissent les plus marqués. Entre 2016 et 2025, seules 28 réalisatrices ont signé au moins un long métrage d'animation, contre 115 réalisateurs. Au total, seuls 21 % des longs métrages de la période ont été réalisés ou coréalisés par des femmes, et seulement 11 % l'ont été exclusivement par une ou plusieurs réalisatrices.

L'étude montre surtout que les réalisatrices peinent davantage à inscrire leur carrière dans la durée. Parmi les cinéastes ayant réalisé un premier long entre 2016 et 2025, 22% sont des réalisatrices. Sur cette période, les cinéastes ayant réalisé leur troisième long d'animation ou plus : 15% sont des femmes et 85% des hommes.

Les écarts se retrouvent également dans les moyens de production. Depuis 2018, les films réalisés exclusivement par des femmes affichent systématiquement des devis inférieurs à ceux des films réalisés par des hommes ou des équipes mixtes. Le budget médian atteint 4,45 M€ pour les réalisatrices, contre 9,35 M€ pour les réalisateurs. Les productions les plus coûteuses restent, année après année, confiées à des équipes comprenant au moins un homme.

Les signaux sont plus encourageants du côté des formats courts. Entre 2021 et 2024, les femmes réalisent plus de la moitié des courts métrages d'animation aidés par le CNC. Cette dynamique se reflète également dans les récompenses : entre 2023 et 2026, elles représentent 69 % des nominations et 80 % des lauréats du César du meilleur court métrage d'animation.

Le Festival d'Annecy illustre enfin cette progression contrastée. En 2026, les femmes réalisent ou coréalisent 43 % des courts métrages en compétition et 56 % des films de fin d'études. En revanche, elles ne sont présentes que sur 23 % des longs métrages sélectionnés. Pour les auteurs de l'étude, ces chiffres traduisent une évolution réelle, mais encore insuffisante pour résorber les inégalités qui persistent au sommet de la filière.

Florian Krieg
© crédit photo :


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