
Annecy 2026 – Le point sur les conférences du Mifa
Date de publication : 23/06/2026 - 08:33
Les conférences vont offrir à nouveau l’occasion de dresser panoramas et perspectives sur les plans artistiques et technologiques tout en faisant écho aux mutations en cours de l’industrie.
Au nombre d’une quinzaine, les conférences Mifa, entendent plus que jamais faire écho aux tendances et transformations profondes de l’industrie et favoriser les échanges entre les professionnels et les créateurs du monde entier. La question des nouveaux modèles économiques traversera plusieurs panels autour de la création des propriétés intellectuelles entre comics, webtoons, animations et jeux vidéo. Et en amont, la journée du lundi a été de nouveau consacrée au Women in Animation World Summit.
COMMENT CRÉER SUR YOUTUBE ?
Des conférences seront axées sur le sujet du moment, la creator economy, faisant intervenir des créateurs de contenus qui pourront expliquer la façon dont ils travaillent dans un système qui ne soutient pas la création, mais devient rémunérateur uniquement à partir de la diffusion. L’idée est d’aborder aussi la façon dont le système historique de soutien à l’écriture, au développement et à la production pourrait s’adapter à cette nouvelle donne. Dès le mardi matin la parole sera donnée aux créateurs d'animation sur YouTube : des auteurs autodidactes qui ont côtoyé l'ancien modèle de très près et construisent aujourd'hui ce qui va suivre lèveront le voile sur les tenants et aboutissants de la production d'animation à l'ère d'internet, une ère à laquelle les spectateurs ne se contentent plus de visionner les contenus, ils les commentent, en font des extraits et les partagent également.
Le même jour lors de l’inauguration de l’espace Cross IP, un panel tentera de faire le point sur les bonnes pratiques en matière de circulation maîtrisée des IP entre les industries culturelles.
Après le think tank du lundi, l'intelligence artificielle et son impact dans l'industrie seront évidemment abordés afin de questionner la place de l'humain et de la création. Le mardi également au Campus Mifa, cette fois, une table ronde explorera comment artistes, réalisateurs et studios peuvent s'emparer de l’IA non pas pour remplacer la main humaine, mais pour l'amplifier, en libérant les créateurs des tâches répétitives. Cette prise de paroles se fera via la démonstration de workflows concrets, mais abordera aussi les enjeux éthiques et les questions de propriété créative.
Et le jeudi une autre conférence se penchera sur la façon dont l'IA redéfinit le studio, sans remplacer l'artiste, via une lecture très opérationnelle de la "production d'animation". Autrement qu’est-ce qui s'automatise, qu’est ce qui doit rester humain, et pourquoi la supervision devient la compétence centrale ?
L’ANNECY EUROPEAN ANIMATION SUMMIT : UN RENDEZ-VOUS INÉDIT APPELÉ À DEVENIR RÉCURRENT
Temps fort du mercredi, l’Annecy European Animation Summit se présente comme un rendez-vous inédit au cœur des enjeux européens de l’animation, appelé à devenir récurrent. Après une introduction par Gaëtan Bruel, président du CNC, trois panels aborderont tour à tour la problématique de la relance d’une industrie européenne, confrontée aux difficultés financières de ses diffuseurs, tant publics que privés, la durabilité de son modèle de financement et enfin l’élargissement de son public au-delà des seuls jeunes. Et ce sera l’occasion pour Annecy d’avoir une prise de parole politique, d’autant plus attendue que la veille, Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, aura effectué une visite du Mifa aux côtés d'Antoine Armand, maire d'Annecy et de Dominique Puthod, président de Citia.
Un panel abordera aussi la circulation des IP africaines. Alors que la demande mondiale pour les récits du continent ne cesse de croître, et que l'attention se porte désormais sur la manière de les distribuer, de les exploiter sous licence et de les monétiser efficacement, des figures majeures du secteur partageront des stratégies issues du terrain.
L’adaptation à l’écran fera l’objet d’une prise de paroles de Laurent Auclair, enseignant en animation à l'UTS de Sydney. Un sujet d’autant plus d’actualité à Annecy que la SCELF y organise le premier Shoot the Book ! destiné à faciliter la rencontre entre éditeurs et producteurs d’animation internationaux au cœur du nouvel espace Cross IP. Pour rappel, plus de 25 films adaptés de livres publiés en France figurent parmi les projets présentés au festival cette année.
ÉCORESPONSABILITÉ ET NOUVEAUX ENTRANTS
Et le jeudi sera abordée la question de l’écoresponsabilité. Un échange aura lieu autour des standards ANiMPACT, et de Carbulator, mais aussi de leur mise en application concrète au sein des studios. Les participants partageront des stratégies pratiques, des perspectives européennes et nationales en matière de politiques publiques, ainsi que des approches créatives pour réduire l'impact environnemental des pipelines de production.
Les nouveaux entrants ne sont pas non plus oubliés, puisque deux panels leur seront consacrés. Le premier abordera la façon de débuter sa carrière dans une industrie en constante évolution. Un panel d’intervenants aux parcours et expériences internationales tentera d’expliquer quelles sont les qualités qui résistent à l’épreuve du temps. Dans une deuxième rencontre des directeurs d'écoles, des professionnels de l'industrie et des responsables pédagogiques venus d'Asie, d'Europe et d'Amérique latine examineront comment la Charte et le cadre éthique du RECA aident étudiants et professionnels à s'orienter dans l'offre de formation.
La dernière conférence Mifa du jeudi abordera la façon dont les character designers et les animateurs parviennent à créer des personnages crédibles aux côtés d’acteurs réels, en raison du fait que les créatures animées occupent aujourd’hui une place de plus en plus centrale dans de nombreux films en prises de vues réelles.
STOP MOTION ET DOCUMENTAIRE AU PROGRAMME DU VENDREDI
Lors de la journée de vendredi la première conférence se penchera sur l’avenir de la stop-motion, donnée un temps en voie de disparition, mais que des initiatives innovantes rendent à nouveau très séduisante et qui redevient en vogue au sein des jeunes générations d’animateurs. Un mouvement qui semble universel, comme le prouve la présence en compétition d’un court métrage nigérien.
Sous le titre un brin provocateur « Les oubliés de la tech » un panel croisera quatre regards, pipeline et organisation humaine, pour ouvrir une conversation que l'industrie ne s'autorise pas encore sur le fait que certains studios soient encore à la traine avec des outils vieux de 20 ans ou détournés de leur utilisation prévue et l’absence de développeurs au sein des équipes.
Dernier sujet de cette édition, le documentaire animé qui tend à se développer de plus en plus. Cette session explorera la manière dont l'animation s'impose comme un langage essentiel pour des récits à impact, les responsabilités créatives et éthiques qu'implique le travail avec des participants, et pourquoi elle demeure indispensable pour faire entendre des voix qui, autrement, resteraient invisibles.
Enfin le Mifa accueillera également les traditionnelles conférences de presse de France Télévisions et du CNC le mercredi 24 juin, AnimFrance et le Spi prenant la parole le lendemain. A noter que Canal + ne fait pas de présentation cette année, Gulli ayant choisi par ailleurs de faire la sienne à Paris le 4 juin, avant le festival.
Pour les studios Focus seront notamment accueillis Nippon Animation, TeamTo, Netflix, Crunchyroll, Mediawan Kids&Family, ADN, Amazon, WBD, BBC Studios, Superprod, Framestore, Rodex FX, Bento Box ou encore le studio argentin Bellolandia.
COMMENT CRÉER SUR YOUTUBE ?
Des conférences seront axées sur le sujet du moment, la creator economy, faisant intervenir des créateurs de contenus qui pourront expliquer la façon dont ils travaillent dans un système qui ne soutient pas la création, mais devient rémunérateur uniquement à partir de la diffusion. L’idée est d’aborder aussi la façon dont le système historique de soutien à l’écriture, au développement et à la production pourrait s’adapter à cette nouvelle donne. Dès le mardi matin la parole sera donnée aux créateurs d'animation sur YouTube : des auteurs autodidactes qui ont côtoyé l'ancien modèle de très près et construisent aujourd'hui ce qui va suivre lèveront le voile sur les tenants et aboutissants de la production d'animation à l'ère d'internet, une ère à laquelle les spectateurs ne se contentent plus de visionner les contenus, ils les commentent, en font des extraits et les partagent également.
Le même jour lors de l’inauguration de l’espace Cross IP, un panel tentera de faire le point sur les bonnes pratiques en matière de circulation maîtrisée des IP entre les industries culturelles.
Après le think tank du lundi, l'intelligence artificielle et son impact dans l'industrie seront évidemment abordés afin de questionner la place de l'humain et de la création. Le mardi également au Campus Mifa, cette fois, une table ronde explorera comment artistes, réalisateurs et studios peuvent s'emparer de l’IA non pas pour remplacer la main humaine, mais pour l'amplifier, en libérant les créateurs des tâches répétitives. Cette prise de paroles se fera via la démonstration de workflows concrets, mais abordera aussi les enjeux éthiques et les questions de propriété créative.
Et le jeudi une autre conférence se penchera sur la façon dont l'IA redéfinit le studio, sans remplacer l'artiste, via une lecture très opérationnelle de la "production d'animation". Autrement qu’est-ce qui s'automatise, qu’est ce qui doit rester humain, et pourquoi la supervision devient la compétence centrale ?
L’ANNECY EUROPEAN ANIMATION SUMMIT : UN RENDEZ-VOUS INÉDIT APPELÉ À DEVENIR RÉCURRENT
Temps fort du mercredi, l’Annecy European Animation Summit se présente comme un rendez-vous inédit au cœur des enjeux européens de l’animation, appelé à devenir récurrent. Après une introduction par Gaëtan Bruel, président du CNC, trois panels aborderont tour à tour la problématique de la relance d’une industrie européenne, confrontée aux difficultés financières de ses diffuseurs, tant publics que privés, la durabilité de son modèle de financement et enfin l’élargissement de son public au-delà des seuls jeunes. Et ce sera l’occasion pour Annecy d’avoir une prise de parole politique, d’autant plus attendue que la veille, Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, aura effectué une visite du Mifa aux côtés d'Antoine Armand, maire d'Annecy et de Dominique Puthod, président de Citia.
Un panel abordera aussi la circulation des IP africaines. Alors que la demande mondiale pour les récits du continent ne cesse de croître, et que l'attention se porte désormais sur la manière de les distribuer, de les exploiter sous licence et de les monétiser efficacement, des figures majeures du secteur partageront des stratégies issues du terrain.
L’adaptation à l’écran fera l’objet d’une prise de paroles de Laurent Auclair, enseignant en animation à l'UTS de Sydney. Un sujet d’autant plus d’actualité à Annecy que la SCELF y organise le premier Shoot the Book ! destiné à faciliter la rencontre entre éditeurs et producteurs d’animation internationaux au cœur du nouvel espace Cross IP. Pour rappel, plus de 25 films adaptés de livres publiés en France figurent parmi les projets présentés au festival cette année.
ÉCORESPONSABILITÉ ET NOUVEAUX ENTRANTS
Et le jeudi sera abordée la question de l’écoresponsabilité. Un échange aura lieu autour des standards ANiMPACT, et de Carbulator, mais aussi de leur mise en application concrète au sein des studios. Les participants partageront des stratégies pratiques, des perspectives européennes et nationales en matière de politiques publiques, ainsi que des approches créatives pour réduire l'impact environnemental des pipelines de production.
Les nouveaux entrants ne sont pas non plus oubliés, puisque deux panels leur seront consacrés. Le premier abordera la façon de débuter sa carrière dans une industrie en constante évolution. Un panel d’intervenants aux parcours et expériences internationales tentera d’expliquer quelles sont les qualités qui résistent à l’épreuve du temps. Dans une deuxième rencontre des directeurs d'écoles, des professionnels de l'industrie et des responsables pédagogiques venus d'Asie, d'Europe et d'Amérique latine examineront comment la Charte et le cadre éthique du RECA aident étudiants et professionnels à s'orienter dans l'offre de formation.
La dernière conférence Mifa du jeudi abordera la façon dont les character designers et les animateurs parviennent à créer des personnages crédibles aux côtés d’acteurs réels, en raison du fait que les créatures animées occupent aujourd’hui une place de plus en plus centrale dans de nombreux films en prises de vues réelles.
STOP MOTION ET DOCUMENTAIRE AU PROGRAMME DU VENDREDI
Lors de la journée de vendredi la première conférence se penchera sur l’avenir de la stop-motion, donnée un temps en voie de disparition, mais que des initiatives innovantes rendent à nouveau très séduisante et qui redevient en vogue au sein des jeunes générations d’animateurs. Un mouvement qui semble universel, comme le prouve la présence en compétition d’un court métrage nigérien.
Sous le titre un brin provocateur « Les oubliés de la tech » un panel croisera quatre regards, pipeline et organisation humaine, pour ouvrir une conversation que l'industrie ne s'autorise pas encore sur le fait que certains studios soient encore à la traine avec des outils vieux de 20 ans ou détournés de leur utilisation prévue et l’absence de développeurs au sein des équipes.
Dernier sujet de cette édition, le documentaire animé qui tend à se développer de plus en plus. Cette session explorera la manière dont l'animation s'impose comme un langage essentiel pour des récits à impact, les responsabilités créatives et éthiques qu'implique le travail avec des participants, et pourquoi elle demeure indispensable pour faire entendre des voix qui, autrement, resteraient invisibles.
Enfin le Mifa accueillera également les traditionnelles conférences de presse de France Télévisions et du CNC le mercredi 24 juin, AnimFrance et le Spi prenant la parole le lendemain. A noter que Canal + ne fait pas de présentation cette année, Gulli ayant choisi par ailleurs de faire la sienne à Paris le 4 juin, avant le festival.
Pour les studios Focus seront notamment accueillis Nippon Animation, TeamTo, Netflix, Crunchyroll, Mediawan Kids&Family, ADN, Amazon, WBD, BBC Studios, Superprod, Framestore, Rodex FX, Bento Box ou encore le studio argentin Bellolandia.
Patrice Carré
© crédit photo : ANNECY FESTIVAL_T. JAFFRE
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