Cinéma

Congrès FNCF 2026 - Hommage à Isabelle Huppert

Date de publication : 23/09/2026 - 08:10

A l'occasion de la 81e édition de la grand-messe de l'exploitation française, la fédération rend hommage ce mercredi 23 septembre à l'actrice pour l'ensemble de son exceptionnelle carrière.

Le plus souvent consacré à un(e) cinéaste français(e), l’incontournable hommage de la FNCF sera cette année rendu à une comédienne, et pas des moindres : Isabelle Huppert. "C’est l’une de nos plus grandes actrices, elle a travaillé avec les plus grands réalisateurs français comme étrangers", explique Richard Patry, président de la FNCF.

"Elle incarne tout le cinéma, de César et Rosalie jusqu’à La femme la plus riche du monde en passant par les films de Michael Haneke ou de François Ozon", renchérit Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la fédération. "Elle parle à tous les types de salles, de cinéma, de spectateurs."
 
Difficile de résumer la carrière cinématographique d’Isabelle Huppert : elle a tourné, en l’espace d’une cinquantaine d’années, dans plus de 150 films, remportant au passage une multitude de prix, dont deux César de la meilleure actrice. Après un petit rôle dans Faustine et le bel été de Nina Companeez (1972), sa première apparition sur grand écran, Isabelle Huppert tourne pratiquement coup sur coup dans deux classiques du cinéma français des années 1970, César et Rosalie de Claude Sautet (2,5 millions de spectateurs) et Les valseuses de Bertrand Blier (5,7 millions), aujourd’hui encore deux des cinq plus gros succès de sa carrière.
 
Après avoir été devant la caméra de Otto Preminger (Rosebud), Yves Boisset (Dupont Lajoie) ou encore Bertrand Tavernier (Le juge et l’assassin), elle obtient, en 1977, son premier premier rôle grâce à La dentellière de Claude Goretta. Le drame romantique lui vaut alors sa première nomination – sur 15 ! – au César de la meilleure actrice, mais également ses premières récompenses, aux Baftas et aux David Di Donatello notamment.

Isabelle Huppert enchaîne ensuite les tournages avec les réalisateurs français les plus en vue du moment, de Maurice Pialat (Loulou) à Jean-Luc Godard (Sauve qui peut (la vie)), et multiplie les collaborations avec les cinéastes étrangers, tels Marco Ferreri (L’histoire de Piera), Joseph Losey (La truite), Andrzej Wajda (Les possédés) ou Michael Cimino (La porte du paradis).
 
Elle commence alors à nouer des relations privilégiées avec plusieurs metteurs en scène. Parmi eux, Claude Chabrol bien sûr, avec qui elle tourne sept films, dont Violette Nozière, grâce auquel elle obtient le prix d’interprétation féminine à Cannes en 1978 ; Une affaire de femmes, récompensé de la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine à Venise en 1988 ; et La cérémonie, qui lui permet de décrocher son premier César de la meilleure actrice en 1996 – le deuxième arrive en 2017, avec Elle de Paul Verhoeven.
 
La comédienne collabore également au fil des années à six reprises avec Benoît Jacquot (L’école de la chair, Pas de scandale…) et, au début des années 2000, commence une relation fructueuse avec Michael Haneke, entamée avec La pianiste, prix d’interprétation féminine à Cannes en 2001, et poursuivie notamment avec Amour, Palme d’or onze ans plus tard. L’actrice est d’ailleurs une grande habituée du Festival de Cannes, dont elle prend même la présidence du jury en 2009.
 
Si sa carrière – et, de facto, son image – s’est surtout construite à travers ses rôles dans les drames et comédies dramatiques, Isabelle Huppert a également tourné à de multiples reprises dans des comédies, dont un certain nombre de succès populaires.

Parmi elles, La femme de mon pote de Bertrand Blier (1983), Sac de nœuds de Josiane Balasko (1985), 8 femmes de François Ozon (3,5 millions d’entrées en 2002), Les sœurs fâchées d’Alexandra Leclère (1,5 million de curieux entre 2004 et 2005), Mon pire cauchemar d’Anne Fontaine (2011) ou encore Mon crime de François Ozon (2023), son dernier film à avoir atteint le million de billets, qu’elle n’avait plus franchi depuis L’ivresse du pouvoir de Claude Chabrol en 2006.
 
On retrouvera d’ailleurs très prochainement l’actrice en salle avec une autre comédie, Ni vue, ni connue (sortie le 7 octobre sous la bannière de Memento), signée par un spécialiste du genre, Marc Fitoussi, qu’elle retrouve pour la deuxième fois. Isabelle Huppert est également, depuis le mois de juillet, présidente de la Cinémathèque française, institution qu’aucune femme n’avait jusqu’à aujourd’hui présidée.

Kevin Bertrand
© crédit photo : Sylvie Lancrenon


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