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EDITO
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Sophie Dacbert
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Prix
Tout a un prix. Surtout lindépendance,
dont les principes dautonomie et de liberté sont les
plus malmenés en ces temps de concentration et de globalisation
forcenées. Concernant les métiers du cinéma,
laddition la plus élevée revient sans doute
à la distribution qui réunit à elle seule tous
les paradoxes de lindépendance : assujettie aux aides
et soutiens extérieurs (10 à 40% du CA des distributeurs
indépendants), soumise à linflation des prix
des films et des coûts de sortie, contrainte à la recherche
et linnovation (chaque nouveau talent déniché
est une proie en puissance pour les groupes), forcée de sadapter
(rares sont les distributeurs indépendants à ne pas
devoir pallier le manque de longévité des films en
salle, par louverture de leur activité à la
production en amont ou lédition vidéo en aval)
On comprend alors que ce soit dans ces sociétés, les
plus exposées financièrement, que les questions dargent
soient les plus taboues. Même si pour notre enquête
cette semaine, plusieurs prix ont été lâchés,
plutôt de bonne grâce, par les distributeurs eux-mêmes,
reflétant léquilibre aussi instable que précaire
de ces passionnés de cinéma.
Côté télévision aussi, la survie a un
prix. Et pour Canal+, la note pour maintenir la chaîne premium
à péage est particulièrement salée.
Au-delà du milliard deuros que coûtent les programmes
de la chaîne cryptée, les plus chers du PAF français,
cest un quatrième directeur des programmes en deux
ans qui paye de sa personne. Au prix de sa santé, comme laffirme
Bertrand Méheut dans nos colonnes pour faire taire les mauvaises
langues qui mettent en doute les raisons invoquées pour le
départ de Guillaume de Vergès de la direction générale,
neuf mois après son arrivée dans le fauteuil encore
tiède de Xavier Couture. Malade ou victime de la pression
des actionnaires de Vivendi Universal, bouillants de cueillir à
nouveau le fruit juteux de leurs placements, le prix est cher payé
au moment où la chaîne regagne du terrain, sinon en
explosant laudience, du moins en redorant son image de marque.
Mais au-delà des hypothèses les plus cyniques, une
question demeure : Canal+ peut-elle se payer de nouveaux atermoiements
?
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