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Congrès FNCF 2019 - Blandine Bollier : "Une partie des professionnels se sent désœuvrée et sans ressources face aux questions de parité"

Date de publication : 24/09/2019 - 08:30

À l’occasion du traditionnel "happy hour" de la commission de réflexion des jeunes exploitants de la FNCF, sa présidente évoque les différents chantiers en cours au sein de cette commission, entre parité femmes-hommes dans l’exploitation, transmission des salles et pratiques écologiques.

Vous avez été élue présidente de la commission de réflexion des jeunes exploitants de la FNCF en mars 2018. Quel regard portez-vous sur les travaux entrepris par celle-ci depuis que vous êtes à sa tête ?
Un regard plutôt fier. Dès le départ, l’engagement des membres de cette commission a été plein et entier. Le renouvellement effectué en 2018 a permis d’apporter de nouvelles idées et de nouvelles énergies. Nous avons volontairement resserré les réunions afin de garder une dynamique forte sur cette année, car il n’est simple pour personne de s’engager bénévolement sur un travail fédéral. Bien que nous soyons chacun très occupés par nos exploitations, cette commission a su trouver le temps et les moyens de faire avancer nos sujets.

Le traditionnel happy hour de la commission, qui se tiendra ce mardi 24 septembre de 19h à 20h30 sur le salon d’exposition du CID, sera plus particulièrement dédié à la parité femmes-hommes. À ce titre, la FNCF a envoyé à ses adhérents un questionnaire émanant de la commission afin de collecter l’ensemble des idées et actions mises en place par les salles dans ce sens. Sans en dévoiler l’intégralité, quelles tendances ressortent de cette enquête ?
L'appel à participation lancé par la CRJE (commission de réflexion des jeunes exploitants, Ndlr) en juin dernier a permis d'aborder des initiatives très diverses –programmation, communication, ressources humaines, travail avec le jeune public, architecture… – sur les questions de parité et de la place des femmes dans le milieu de l'exploitation. Au-delà des propositions très concrètes qui nous ont été rapportées, ressort de cette étude un constat unanime : une partie des professionnels se sent désœuvrée et sans ressources face à ces questions. Ils ont une réelle volonté de bien intégrer l’égalité dans leur quotidien professionnel, sans savoir véritablement comment s’y prendre. Nous avons donc décidé d’élaborer, suite à ces retours, un petit guide répertoriant les pratiques que certaines et certains ont mis en place. En espérant ainsi que, dans un premier temps, chaque structure puisse y piocher les idées les plus adaptées à son exploitation.

L’happy hour accueillera de surcroît un nouveau partenaire, Entraide Volontaire des Exploitantes (EVE), un réseau de mentorat féminin pensé par Eva Letzgus, exploitante à Strasbourg. Comment accueillez-vous cette initiative ?
Avec beaucoup d’enthousiasme. Eva a fait partie de la première CRJE, en 2012, et s’est depuis investie dans un travail collectif qui lui ressemble. EVE est un projet autour du partage, du soutien et de la bienveillance.

Vous évoquiez, l’an dernier dans nos colonnes, la rédaction à venir d’un "guide des bonnes pratiques écologiques". À quel stade ce projet se trouve-t-il ?
Il a bien avancé, puisqu’il n’est plus aujourd’hui dans les mains de la CRJE, mais sur les bureaux respectifs de l’Ademe, du CNC et de la FNCF. Je suis ravie de voir ces instances s’emparer de ce sujet. J’imagine que les exploitants en sauront plus pendant le Congrès.

La transmission des salles est l’un des sujets de réflexion phares de la commission, qui lui a consacré l’un de ses cinq groupes de travail. Près de quatre ans après son lancement, quel regard portez-vous sur le dispositif mis en place par l’Ifcic pour faciliter la transmission de salles aux jeunes exploitants ? Par ailleurs, un nombre croissant d’exploitants va être amené à prendre sa retraite dans les années à venir. Comment anticipez-vous cette future passation, alors que les circuits se positionnent de plus en plus fortement sur les indépendants ?
C’est effectivement un sujet important, qui peut être crispant pour certains exploitants indépendants de la petite et de la moyenne exploitation. Le dispositif de l’Ifcic est tout à fait adapté aux besoins des exploitants dans une situation de rachat. Xavier Herveau à Guingamp, ainsi qu’Annie Mahot et Jérémy Breta à Toulouse, tous trois membres de la CRJE, en ont profité, et en sont très satisfaits. De mon point de vue, l’écueil se rencontre plus tôt, sur la communication de la mise en vente. En effet, nous apprenons souvent la cession d’une salle une fois celle-ci signée. Nous renouvelons donc notre proposition : la commission jeune peut être le relais d’annonces de ventes. Vient ensuite le prix : de jeunes indépendants n’ont évidemment pas les moyens de s’aligner sur les offres des circuits. Il s’agit toutefois de liberté de concurrence, et malgré toute sa bonne volonté, la CRJE n’y changera rien.

Plus largement, quels sont aujourd’hui vos chantiers prioritaires ?
Nos groupes de travail vont rendre leurs derniers travaux en fin d’année. À titre personnel, je vais veiller à assurer une transition avec la prochaine commission, que je quitterai au terme de mon mandat. J’ai réellement apprécié ce travail en commun, aussi bien en tant que membre que présidente. Je serai ravie, demain, de suivre l’évolution de ce groupe.

Propos recueillis par Kevin Bertrand
© crédit photo : Jean-Luc Mege


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